Textes et paroles de Henri Bornstein
Musiques de Pawel Matak

La pièce

Eliot est un enfant rêveur. Il vit avec sa mère dans une tour. Souvent il s’envole, pour s’éloigner de la laideur du monde. Un jour, il apprend que sa tour va être démolie. L’atterrissage est rude, mais heureusement amorti par sa rencontre avec Angéla et ses copains. Angéla plaît bien à Eliot. Elle va l’aider à se défendre face aux coups du sort et des mauvais garçons.

Extrait du texte

Eliot : 
Ce samedi matin, maman m’a dit :
La mère :
Notre immeuble va être démoli.
Eliot :
Sur le moment , je n’ai pas compris.
Démoli, qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’est-ce qui va nous arriver ?
Sans attendre plus longtemps, j’ai déployé toute mon énergie et j’ai stabilisé mes ailes. J’étais prêt à partir, loin.
Mais il n’y avait rien à faire. Impossible de décoller.
Je suis resté au sol. C’est à dire dans la cuisine.
Assis en face de mon bol de chocolat froid, j’avais l’impression que quelqu’un m’avait sorti du congélateur puis déposé là sans prendre la peine de retirer le sac en plastique qui m’entourait. J’avais à l’intérieur la température que mon chocolat avait à l’extérieur : froid.
Pourtant, hier soir, tout allait bien. Maman m’avait parlé comme elle me parle chaque jour avant le repas.
La mère :
Eliot, mets la table s’il te plaît.
Eliot :
Je la mets comment maman ?
La mère :
Tu la mets comme d’habitude.
Eliot, je t’en prie, reviens sur terre.
Eliot :
Mais je suis sur terre maman.
A cet instant, j’ai vu quelque chose d’étrange dans ses yeux.
Je me suis dit : c’est le regard de maman lorsqu’elle est sur le quai de la gare et que je pars chez pépère et mémère pour les vacances. Je sais très bien qu’elle est triste de me quitter, même si c’est pour un mois. C’est ce regard que j’ai vu, et cela m’a fait de la peine.
Hier, à table, c’est vrai, j’étais parti.

Extraits musicaux